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O sole mio

 

 

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C'est arrivé brutalement. Un vieux prof de science m'avait dit que cela s'était déjà produit du temps de la ruée vers l'or. Je suis bien obligé de la croire vu que les ordis sont HS et que les livres sont jalousement gardés. Il m'a expliqué que les télégraphes de l'époque (qui ressemble à ceux qu'on utilise depuis peu) ont cramés d'un coup! Des appareils plutôt robustes comparés à l'électronique d'avant le le Big Crush! Lorsque le soleil a éternué très fort dans notre direction, les satellites ont pas fait un pli et rapidement le réseau électrique s'est coupé sur toute la planète. Plus de pollution lumineuse pour admirer les aurores boréales visibles jusqu'en équateur. C'était dramatiquement beau. Dans les pays sous développés, la différence avant - après Bug Crush n'était pas évidente. La survie et la pénurie constituaient déjà leur quotidien depuis longtemps. Dans nos sociétés modernes, l'affaire fut plus délicate. L'absence de courant, d'eau et de nourriture nuit gravement à la démocratie. Dans un monde où les gens pensent qu'un réseau électrique peut se réactiver en appuyant sur un interrupteur et que les boites de conserves apparaissent toutes seules dans les rayons des supermarchés durant la nuit, la claque fut extrême. L'altruisme ne peut survivre qu'avec un minimum de confort et de sécurité. L'humanité venait de perdre les deux en l'espace d'à peine une semaine. Les villes sont devenues des pièges et les campagnes des lieux hautement protégés. L'armée et les instances gouvernementales ont joué leur partition jusqu'à épuisement du carburant. Les centrales nucléaires européennes ont pu être désactivées à temps. Les américains et les russes furent un peu moins chanceux. Pour les combustibles, peu s'en soucient aujourd'hui. Cela fait déjà pas mal d'années et je ne vois pas qui pourrait gérer un tel problème. Notre évolution forcée ressemblait plus à une révolution sanglante à l'échelle de la planète. Nous étions près de 8 milliards d'âmes lorsque le soleil frappa. Aujourd'hui, personne ne le sait. Je pense qu'on est tombé peut être à un dixième grand maximum.

Les livres furent d'un précieux secours pour réinventer notre monde. L'accouchement s'est vraiment fait dans la douleur. On a du réinventer l'agriculture, le troc, l'enseignement, la médecine... Le temps de s'adapter coûta de nombreuses vies, bien plus que les affrontements pour la survie qui firent éclater nos sociétés en milliers de petits groupes d'humains. Même les survivalistes qui secrètement attendaient ce moment comme une apothéose à leur sacrifices, jugèrent la leçon bien rude. Peu survécurent d'ailleurs car leur crédo était purement individualiste; ils ne croyaient plus en la nature profonde de l'homme comme animal social. Aujourd'hui, je ne peux pas dire si le monde est meilleur ou pire, ce qui est déjà une réussite en soit. Il m'arrive quelques fois des bouffées de nostalgie lorsque je repense à mon quotidien d'autrefois. Je n'en parle plus aux jeunes générations car j'ai conscience qu'il ne faut en aucun cas idéaliser le monde d'avant. Les jeunes doivent réinventer l'avenir certainement avec moins d'ambition mais plus de bonheur. Pour eux, il est certain que de l'eau potable coulant d'un robinet, un gros cube faisant des petits cube en glace, ou une bagnole en état de marche, tout cela relève de la magie. Seulement, le prix à payer fut un peu salé à mon goût.

Pour l'heure, plus de guerre en vue mais les humains aiment la violence. Les jeunes ne se posent pour l'instant pas le question car ils savent que la raison de leur survie repose sur l'échange et la coopération. J'espère que que cela durera et que les générations qui suivent pouront s'épanouir dans l'harmonie. Je ne suis pas particulièrement optimiste mais c'est un réflexe de vieux d'avant Crush!
 

 


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